LE CENTENAİRE DE LA GUERRE 14/18

LA BATAİLLE DE VASSİNCOURT (Meuse)

Où sont morts 1000 jeunes Français

Bar-le-Duc est sauvée !

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2ème Partie

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Pourquoi le Général SARRAIL n’a pas une rue à Bar-le-Duc ?

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          Vassincourt a tenu face à l’ennemi. Bar-le-Duc et Verdun sont sauvées et resteront inviolées pendant toute la durée de cette guerre.

          ENTRE LE 06 ET LE 11SEPTEMBRE 1914 :

         A Vassincourt et Mognéville sans oublier la Vaux-Marie, etc, la lutte fut terrible, on a dénombré des milliers de morts, mais il n’est pas inutile de le rappeler : Bar-le-Duc et Verdun ont échappé à la barbarie Allemande, qui n’aurait rien épargnée.

Une rue de Vassincourt, après le départ des Allemands.

Avec la IIIe Armée, le Général SARRAIL, sauve Verdun et Bar-le-Duc (ville du Président de la République, Raymond POİNCARÉ) de l’invasion et d’une destruction certaine.

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          RUFFAY qui a été limogé, pour lui succéder et prendre le commandement de la IIIe Armée.

        Alors que le six septembre, un Officier Allemand avait déclaré à un habitant de Vaubécourt.

« Demain, nous brûleront la ville de votre POİNCARÉ (NDLR de Bar-le –Duc) ».

Raymond POİNCARÉ, écrira :

       « …Et, si aujourd’hui même, la marche des Allemands n’est pas arrêtée, s’en sera fait, sans doute, de ma ville natale… »

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Raymond POINCARÉ, Président de la République de 1913 à 1920.

          Au cours de cette guerre, il est sans cesse en conflit avec les Généraux qui acceptent difficilement ses déplacements sur le front pour se rendre compte sur place, de la situation.

         Les responsables ne lui disant pas ou en lui cachant la vérité. L’Armée était indépendante du pouvoir.

        Aujourd’hui, le Chef de l’Etat est le Chef des Armées.

BAR-LE-DUC, AU DÉBUT DE CETTE GIGANTESQUE BATAILLE.

       A pour se défendre deux brigades du Ve corps (du Général MICHELER) qui sont postés au nord-ouest de la ville de Revigny et c’est l’inquiétude.

A la gare, les employés sont prêts à évacuer les archives.

Ce témoignage :

       « Je suis entré à la gare, très librement, à 04h30 toutes portes ouvertes ».

     « Et fort surpris, j’appris par le premier employé que je rencontrais, à l’intérieur de la gare, sur les voies, dès le matin, tout le personnel était préparé pour évacuer, avec toutes les archives paquetées ou en caisse ».

       « Un heureux contrordre était arrivé un peu avant midi, émanant de l’autorité militaire, etc ».

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L'intérieur de la gare de Bar-le-Duc.

LE DANGER QUI MENACE LA VILLE INCITE L’ARMÉE A RÉAGIR.

        Une division du XVe corps se précipite et prend position sur le plateau de la commune de Veel, afin de protéger Bar d’un encerclement possible par la vallée de la Saulx.

Un Officier raconte :

         « …pour éviter une étape, on nous embarque en chemin de fer à Mauvages ».

         « A minuit, nous débarquons à Nancois-Tronville, et nous voilà en route vers Bar-le-Duc ».

       « Harassés de fatigue ‘’marchant plus avec le cœur qu’avec les pieds’’, lorsque le matin se lève, nous entrons dans la ville de Bar, etc ».

     « …les gens de Bar-le-Duc nous regardent passer avec une chaleureuse émotion. On ne lisait plus dans les yeux aucun reproche, car ils savaient que nous ne pouvions faire des efforts plus grandPhoto 53

Bar-le-Duc - le Boulevard de la Rochelle.

Après avoir traversé Bar-le-Duc.

     Alors qu’ils s’attendent à trouver les Allemands à Mogneville, ils tombent sur des ‘’chasseurs Français’’. Ils poursuivent leur chemin jusqu’à Vassincourt occupée par une brigade ennemie. Ils vont se livrer à de sanglants combats à la baïonnette, etc.

     « C’est de nouveau la mêlée sanglante, le corps à corps brutal et énivrant, où l’âme guerrière du soldat Français se révèle dans toute sa splendeur ».

    « Je cours avec mes hommes vers un petit bois…Je reçois dans le bras une balle en ‘’SETON’’ (NDLR qui entre et ressort en passant sous la peau ».

Blessé lors des combats, à Vassincourt, notre Officier se rend à Bar-le-Duc.

    « …Je vois partir mon unité qui marche de nouveau contre l’ennemi ».

    « Je trouve une voiture de ravitaillement qui me mène à Bar-le-Duc ».

    « J’arrive en cette ville dans la soirée. J’entre dans une auberge. Une discussion orageuse anime les clients ».

    « Ces messieurs critiquent les opérations. J’ai surtout la souvenance de deux artilleurs d’une section de ravitaillement, qui se permettent de porter des appréciations sur le Général SARRAIL et LANGLE DE CARY (NDLR le premier couvre Bar-le-Duc, le second Vitry le François) ».

   « Or, on entend le canon qui tonne à quelques kilomètres de là. Et ils savent bien, ces stratèges du café, ce que cela signifie » :

  « - Des milliers de leurs camarades, dans la nuit, se font tuer pour empêcher la progression de l’ennemi. Cela ne les empêche pas de parler à voix haute, comme pour couvrir celle du canon, de fumer un bon cigare et de boire leur café ».

  « Tout d’abord je les remets à leur place. Puis le cœur triste je songe à cette réalité, etc ».

  « Je décide de retourner vers le bataillon, vers mes hommes ».

  « Même fatigué, même malade, je serai mieux parmi eux que parmi les gens dont j’ai entrevu…la noblesse et l’élévation du caractère !... ».

  « Je veux emporter pour mes camarades quelques provisions. Je ne trouve qu’un peu de pain et des bonbons anglais ».

De retour auprès de mes hommes.

  « …Toute la nuit se passe dans l’attente, dans la fièvre et la souffrance ».

  « Je suis appuyé contre un arbre avec mon camarade. Comme il a faim, je ne peux lui donner que ce que j’ai rapporté de Bar-le-Duc ».

  « Toute cette nuit, sous la pluie, en attendant l’attaque, nous avons sucé des bonbons anglais ».

Après la prise glorieuse du village de Vassincourt.

   - Après quatre jours d’une lutte incessante, l’Officier et ses hommes traversent à l’aube, la ville de Bar-le-Duc et ils se dirigent vers le nord à la poursuite des Allemands qui fuient.

    « Je pense, dit-il, « que la population de Bar-le-Duc, ce matin là, nous jugent ».

Le retrait précipité de l’Armée Allemande vers le Nord-Est.

    - Libère Bar-le-Duc de l’emprise Allemande, qui restera au cours de cette guerre inviolée.

L’immense front (300 Km).

    Il n’est pas inutile de rappeler que le front s’étendait de l’Ornain à l’Ourcq, l’Armée Française, aux ordres du Général JOFFRE, a finalement contraint les envahisseurs à reculer.

Quelques jours plus tard, le Général JOFFRE, déclare :

   « La victoire de la Marne est complète ».

  « La gauche Française a avancé de 100 kilomètres en cinq jours. L’enthousiasme est formidable, les groupes enragés, et la poursuite se continue avec une vigueur inouïe ».

 « Matériel, canons, blessés, tombent entre nos mains ».

  « Répandez cette bonne nouvelle !... ».

JUSQU'À L’ARMISTICE DE 1918.

  Bar-le-Duc, prendra la physionomie de toutes les villes situées à l’arrière du Front.

  - Centre de ravitaillement et d’étapes pour l’Armée mais aussi centre hospitalier pour malades et blessés.

Après la bataille de Vassincourt:

   A Bar-le-Duc, au cours d’une séance du Conseil Municipal, il est déclaré :

  « Notre ville vécut les 5-6-7-8 septembre des heures tragiques durant ces journées. Où les assauts se renouvelèrent, toujours plus furieux sur Vassincourt. Ce ne fut point le sort de ce petit village qui se joua sur le grand échiquier de la bataille, mais bien la vie au Nord de notre Cité Barisienne ».

 « Ce fut la vie pour Bar-le-Duc, c’est-à-dire le succès de nos Armées, payé chèrement par nos soldats héroïques, mais ce fut, hélas, la mort de Vassincourt dont la ruine atteste encore l’anéantissement total ».

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Ci-dessus : Vassincourt – la rue de Bar-le-Duc

  « On peut dire que la destruction de Vassincourt fut le rachat de la préservation de Bar-le-Duc et l’on doit penser qu’il en résulte une dette de reconnaissance pour celle-ci envers celle-là ».

   « Le Conseil Municipal s’honorera-t-il en proposant de donner à l’une des rues de Bar-le-Duc sur le nom de » :

« Vassincourt 1914 ».

  « Une plaque commémorative, posée sur une maison de cette rue donnerait une relation historique des combats de septembre 1914 et de leur heureuse issue ».

  Mais que des paroles, rien ne sera fait pour immortaliser « la bataille de Vassincourt » dont un millier de jeunes Français trouveront la mort.

À LA MORT DU GÉNÉRAL SARRAIL :

  Lors du conseil municipal qui a suivi son décès, la maire évoque son souvenir.

  « Le Général SARRAIL, dont l’Armée sauva en 1914 la ville de Bar-le-Duc de la souillure ennemie… ».

  « Il est décidé à l’unanimité d’envoyer à la veuve du Général SARRAIL un télégramme de condoléances et de reconnaissance ».

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Le Général SARRAIL (1856-1929)

Le Conseil Municipal lui rend hommage en écrivant à sa veuve, ceci :

          Madame Le Général SARRAIL

         218, bis Boulevard Pereiéi

        75 PARIS

       « Le Conseil Municipal de Bar-le-Duc, se souvenant que, lors de la bataille de la Marne, le salut de la ville a été assuré par l’énergie indomptable du Général SARRAİL et des vaillantes troupes sous ses ordres, adresse au glorieux défunt un souvenir reconnaissant et ému et prie sa veuve de vouloir bien agréer ses respectueuses condoléances ».

FACDOUEL, Maire.

HOMMAGE DE LA PRESSE.

          Je relève ceci :

         « …Le Maréchal SARRAIL, dans la Meuse, engage la bataille à Vassincourt, à la Vaux-Marie, autour de Souilly ».

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Ruines de la ferme de la Vaux-Marie, les combats sont terribles.

On dénombre 10 000 morts en majorité d’Allemands.

          « Quand je revois cette semaine d’angoisse que nous avons passée, ici, du 06 au 12 septembre 1914, je ne puis que rendre hommage au grand soldat énergique, audacieux et ‘’désobéissant’’, qui sauva notre ville, en même temps que la France ».

         « Cela, je ne l’oublierai jamais ».

         « Je sais bien qu’on a parlé d’une intervention surnaturelle, elle a été inventée après et pour les besoins de la cause ».

        « Au moment-là, il a fallu surtout que d’héroïques poilus, galvanisés par un chef non moins héroïque apposassent le rempart de leurs poitrines à l’assaillant ».

        « Sans eux, s’en était fait de Bar-le-Duc ».

        « Et c’est cette même Armée que ce Chef défendit l’Argonne, pendant l’hiver de 1914 et une partie de l’année 1915 ».

Le Général est calomnié.

       « Mais le Général SARRAIL était républicain, aussi fut calomnié, largement accablé d’outrages ».

      « Devant sa tombe, la haine sera-t-elle muette ? ».

      « Je le souhaite, sans oser trop y compter !... ».

Ce que les Français n’ont pas su !

LE TERRIBE DRAME QU’A VÉCU LE GÉNÉRAL

       C’est en octobre 1914, que Madame SARRAIL (sa première épouse) succombe « d’un transport au cerveau » quelques minutes après avoir reçu ce message anonyme, où il est écrit :

      « Votre mari a été fusillé pour trahison ».

     Le télégramme qui annonce au Général SARRAIL, la mort de son épouse, est intercepté par le Grand Quartier Général.

Une question qui reste sans réponse.

    Pourquoi le Général qui mène une opération militaire très délicate n’a pas été informé du décès de son épouse, est-ce pour le ménager ?

   C’est difficile à admettre puisque le lendemain du décès, il apprend la terrible nouvelle par la presse…

OR, QUAND LA VILLE DE BAR-LE-DUC FUT SOLLICITÉE :

   Pour la construction d’un monument, les Conseillers Municipaux ont refusé que Bar-le-Duc participe financièrement à sa construction. Le Maire réussit à les faire changer d’avis. L’honneur est sauf.

  Aujourd’hui, nous célébrons le centenaire de la guerre 14/18.

A Bar-le-Duc, il n’y a pas de rue à son nom, il est ignoré.

  Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour débaptiser la rue Salvador ALLENDÉ pour la rue du Général SARRAİL ?

Alors que Verdun et Saint-Dizier ont une rue « Général SARRAİL ».

   On a bien débaptisé la « rue de la gare » pour la « rue du Général DE GAULLE », cela n’a gêné personne.

Photo 59

L'Hôtel de Ville de Bar-le-Duc

En 1916, il servira de QG au Général PÉTAIN.

 

LA RUE ALLENDÉ

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Le Président de la République Française est remplacé par un Président de la République du Chili.

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Salvador ALLENDÉ.

          Socialiste, élu Président de la République du Chili en 1970, un putsch militaire mené par le Général PINOCHET provoque non seulement sa chute mais aussi sa mort.

Pourquoi n’a-t-on pas demandé l’avis de Barisiens ?

        Après cet assassinat, un conseiller municipal Barisien, communiste obtient que soit débaptisé la rue Thiers (Adolphe) qui fut, lui aussi, Président de la République mais Française, élu après la guerre de 1870/71 et de la commune en août 1871.

          Il y a plus de quarante ans, cette décision provoque une polémique…

Pourquoi la rue Allendé ne serait pas dénommée :

« Rue

Du Général SARRAIL

       Ex ALLENDÉ » ?

À Bar-le-Duc, nous avons cet exemple :

Avec la plaque :

« Boulevard

Raymond POINCARÉ

Ex de la banque »

Qui est apposée sur la façade d’une maison qui borde celui-ci ».

Photo 48

La rue ALLENDE part du carrefour des rues Jeanne d’Arc, Saint Urbain et Triby

pour rejoindre la place de la République (de la gare).

 

Christian BOULAY

 

 

 
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