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L'idée d'un Arc de Triomphe.

L’IDÉE D’UN « ARC DE TRIOMPHE »

SUR LA « VOIE SACRÉE »

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 Texte inédit déposé

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 Un Scoop.

 L’idée d’un « Arc de triomphe » sur la « Voie Sacrée » fait son chemin :

On trouve que les bornes originales qui jalonnent la « Voie Sacrée » ainsi que le monument qui se dresse à Bar-le-Duc ne suffisent pas. Une idée est lancée par un journaliste et elle va faire couler beaucoup d’encre.

 Il s’est constitué un « Comité de l’Arc de Triomphe de la Voie Sacrée », patronné par les hauts personnages du gouvernement et de l’Armée, dont le but est d’ériger, à la sortie de Bar-le-Duc en direction de Verdun, un monument qui immortalisera « Le chemin de la souffrance, de la mort et de la victoire ».

 L’Allemagne avait tout prévu, hormis une seule chose pourtant essentielle, l’utilisation de la route.

 « Qui aurait pu penser, a dit un rapport allemand, que privés de toute communication ferrée, ces démons de Français au lieu d’abandonner un secteur condamné, auraient trouvé le moyen de monter sur une chaussée, une double ligne continue de milliers de camions, automobiles, immense chaîne sans fin, gigantesque courroie de transmission qui, roulant jour et nuit, comme deux poulies entre Bar-le-Duc et la place, alimenterait sans relâche et pourvoirait infatigablement de bataillons, d’obus et de bouches à feu ce champ de carnage et d’honneur ? ».

  Cette idée d’ériger un « Arc de Triomphe » sur la « Voie Sacrée » recueille l’approbation de tous et est reprise par tous les médias. Même la presse allemande dans la gazette de Francfort, lui consacre un article :

 « Ah ! disait-elle en substance, voici que les Français vont élever à leurs soldats vainqueurs et à leurs alliés, un Arc de Triomphe. Ce monument grandiose sera en granit d’Alsace-Lorraine dont nous devions être les possesseurs et avec lequel nous aurions élevé nous aussi un monument, si nous avions eu la victoire ».

 Une souscription publique pour la construction du monument est ouverte.

 Comme nous venons de le dire, l’œuvre est patronnée par les plus hautes autorités françaises, et de nombreux courriers parviennent au comité.

 Le Directeur de cabinet de Monsieur MILLERAND, Président de la République, écrit :

 « Le Président de la République a été très sensible à la pensée que vous avez eu de lui offrir le patronage  du comité formé en vue de l’érection à Bar-le-Duc d’un « Arc de Triomphe de la Voie Sacrée ».

 « Le Président de la République me charge de vous faire connaître qu’il est heureux de pouvoir répondre favorablement à votre demande et qu’il donne volontiers son patronage au comité dont il s’agit ».

 L’ancien Président de la République, Raymond POINCARÉ, donne lui aussi son aval :

 « Je vous donne bien volontiers mon nom, écrit Monsieur POINCARÉ, pour le comité de patronage de « l’Arc de triomphe de la Voie Sacrée » et je forme les meilleurs vœux pour le succès de votre projet patriotique ».

 L’œuvre est aussi patronnée par des personnalités étrangères. Nous retiendrons :

 Le Chargé des Affaires de la République de San Salvador :

« Je suis très honoré de votre appel à mes sentiments d’amitié pour la France, écrit-il, et à mon admiration pour tous les héros de la grande guerre et je suis à votre disposition et avec vous de tout cœur ».

 Monsieur HARGES, Commandeur de l’American Legion :

 « Ayant eu l’occasion pendant la guerre de parcourir cette route immortelle conduisant à Verdun et d’y voir à l’œuvre vos magnifiques soldats, dont je garderai toujours le souvenir, je serais particulièrement heureux de m’associer à vos efforts ».

 Et puis, aussi, l’Ambassadeur Polonais :

 « Je m’empresse de vous adresser mon adhésion et je profite de cette circonstance pour vous féliciter de l’initiative que vous avez prise et qui, tout en rendant sur place un nouvel hommage aux héros de la grande guerre, sera un nouveau lieu entre tous ceux qui ont fait foi du sacrifice de leur vie, pour la défense du droit et de la justice ».

 Mais encore, l’Ambassadeur de la République de Tchécoslovaquie qui considère que l’érection de ce monument sera un nouveau trait d’union entre toutes les nations libres ayant lutté contre l’Allemagne et ses alliés.

 Et pour terminer, son Excellence l’Ambassadeur de la République du Pérou qui se déclare heureux et fier :

 « L’amour profond et surtout la grande admiration que j’ai pour vous, votre très noble et glorieuse patrie, écrit-il, fait que je me flatte de collaborer à une œuvre destinée à honorer l’héroïsme mis au service du droit et de l’humanité ».

Une commission d’esthétique a approuvé à l’unanimité le projet conçu par les deux artistes Anciens Combattants :

 La maquette est exposée à Paris.

« L’Arc de Triomphe de la Voie Sacrée », mesurera environ 16 mètres de hauteur et sera construit en granit rouge d’Alsace.

 L’une des originalités sera dans sa voûte qui, basse et alourdie du côté de Bar-le-Duc, s’élèvera et s’épanouira à la sortie du côté de Verdun.

 Sur cette façade monumentale, une frise en bas relief épousera les contours et représentera :

 - Les scènes symboliques de la bataille de Verdun en 1916.

 « Les Poilus, en quittant les camions, courbés sous la rafale d’obus, avancent vers la fournaise à travers le sol bouleversé enjambant les cadavres. Puis, c’est le combat acharné, avec mitrailleuses et grenades ».

 Du côté de Bar-le-Duc :

 Deux statues seront sculptées dans la masse et représenteront de droite à gauche, la France armée et la mort sera inspirée par l’un des chefs d’œuvre du sculpteur Ligier Richier.

 « Le squelette, qui se trouvait avant sa restauration à l’intérieur de l’Eglise Saint-Etienne à Bar-le-Duc ».

 Sur le fronton sera gravé :

 Aux Combattants du droit

Aux héros tombés

Pour la liberté de l’univers.

Enfin, la sortie sur Verdun :

 Sur la façade, c’est l’apothéose de la victoire, les Poilus avec les clairons et les drapeaux.

 Au-dessus de nos soldats victorieux, figureront les écussons des alliés et associés, dominés par un « laboureur à la charrue », symbole de la paix. De chaque côté de celui-ci, sera gravé :

 A l’union des peuples. Dans le travail et la paix.

 Au dessus du laboureur, sera sculpté :

 A la victoire des Alliés

 Sur la façade latérale :

 Seront aussi gravés les numéros de tous les Régiments, ainsi que les noms des formations qui combattirent devant Verdun.

 Dans l’esprit des auteurs du projet, l’ensemble doit être puissant et simple, comme il convient à un monument évoquant le sacrifice plutôt que le triomphe.

 « Ce monument unique au monde, par la puissance de son symbolisme, la force de sa signification, doit rappeler à travers les siècles, aux générations qui se succèderont le long martyrologue de cette guerre ».

 Malheureusement, le projet ne sera jamais réalisé au grand désespoir de ceux qui avaient versé leur obole.

 Il fallait réunir plus d’un million de francs et les sommes collectées s’élevaient à 240 000 francs.

 Elles furent alors réparties entre l’ossuaire de Douaumont, les monuments de la défense de Verdun, ainsi qu’au monument d’Hartmannswiller.

 Nombreuses ont été les protestations, car on avait vu trop grand.

   Christian BOULAY

 

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