Le Lycée de Bar sert de cadre.

EN 1916, LE LYCÉE DE BAR-LE-DUC

SERT DE CADRE A UN ÉVÈNEMENT HISTORIQUE

QUI RESTE A JAMAIS GRAVÉ DANS L’HISTOIRE

DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE.

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ET CELLE DE LA « VOIE SACRÉE ».

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 Dès le début des hostilités en 1916.

L’interruption de la circulation sur la voie ferrée entre Sainte-Menehould et Verdun, à cause de l’insuffisance capacité du chemin de fer à voie étroite le « Meusien », conduit, en 1916, l’Etat-major militaire à organiser un service de transport automobile intensif pour assurer le ravitaillement en vivres, munitions et matériels divers ainsi que pour le transport des troupes dans la Région Fortifiée de Verdun (RFV).

 Alors que l’armée Allemande s’active dans la région de Verdun.

 Le 18 février 1916, le service automobile reçoit l’ordre de se préparer à une éventuelle attaque ennemie.

 L’ordre est aussi donné de se rendre à Bar-le-Duc.

 Le Capitaine DOUMENC, Adjoint au Directeur des services automobiles à l’Etat-major général installé à Chantilly dans l’Oise, reçoit l’ordre du Commandant GIRARD, de se rendre à Bar-le-Duc, le samedi 19 février 1916.

 Le but de cette action.

 Faire transporter journellement dans la région de Verdun environ 2 000 tonnes de munitions.

 Assurer le transport de 15 à 20 000 hommes, troupes montantes et descendantes, etc.

 Il arrive à Bar-le-Duc, le 19 février 1916.

 Après avoir pris contact avec l’Etat-major de l’Armée, le Capitaine DOUMENC, accompagné du Commandant VIGNERON, Chef du service automobile de la 3ème Armée, et de plusieurs Officiers Adjoints parcourent le dimanche 20 février, toute la région entre Bar-le-Duc et Verdun ainsi que les alentours.

 Au lycée de Bar-le-Duc.

 Après s’être entretenu avec le Général HERR ainsi qu’avec le responsable de la Direction des Etapes et des Services (D.E.S), le Capitaine DOUMENC réunit, le 20 février 1916, à cinq heures du soir, au lycée de Bar-le-Duc (qui est le siège de la Direction des Etapes et des Services depuis le 14 septembre 1914) tous les Officiers auxquels il a fait appel pour leur expliquer ce qu’il attend d’eux.

A sept heures du soir, la première Commission Régulatrice Automobile est créée.

 Elle sera dotée de moyens de transports importants avec pour mission de régler et d’assurer l’ensemble des transports qui lui seront demandé par le Commandement.

 Pour que cette route Bar-le-Duc-Verdun soit performante.

 Les décisions prises au cours de cette réunion sont confirmées par l’ordre n° 15, enregistré sous le numéro 4093, qui est expédié par le 3ème bureau à toutes les unités de la Région Fortifiée :

 I

 La route de Bar-le-Duc à Verdun par Rumont et Erize est interdite de la manière la plus absolue à tout convoi à chevaux ou à toute voiture isolée hippomobile.

 II

 Toutes les voitures automobiles s’engageant sur cette route devront se conformer aux consignes qui leur seront notifiées par le service de surveillance.

 III

 Toute troupe, en colonne de voitures, engagée sur cette route au moment de la mise en vigueur du présent ordre, devra l’avoir dégagée le plus rapidement possible (délai maximum 3 heures).

 Il est aussi décidé que les véhicules, les troupes à pied, emprunteraient des itinéraires secondaires, partant de Baudonvilliers, village situé entre Bar-le-Duc et Saint-Dizier, pour rejoindre Verdun, etc.

 On ne prévoyait toujours pas à ce moment là, que les premiers obus Allemands allaient tomber le lendemain sur Verdun.

 On a décidé de profiter de la journée du 21 février pour transporter les soldats dans la région, notamment deux divisions du 20ème corps, les 153ème et 39ème division d’Infanterie débarqueront le 21 à 12 heures dans la région Revigny – Bar-le-Duc – Ligny en Barrois, etc.

 La Commission Régulatrice devra être prête à fonctionner le mardi 22 février à midi, un service de surveillance sera placé sous ses ordres et la route sera divisée en six cantons de surveillance à la tête de chacun desquels se trouvera un Officier responsable de la circulation…..

 Le 21 février 1916, à 7h15 du matin, c’est le début de la terrible bataille de Verdun.

Alors que les troupes sur le champ de bataille sont en partie décimées, les survivants sont épuisés. Le 22 février 1916 à 12h, c’est la mise en application de l’organisation des transports intensifs sur l’artère Baudonvilliers – Bar-le-Duc et, non plus Verdun, qui est bombardé et inaccessible, mais huit kilomètres avant, le carrefour de Moulin-Brûlé. Les soldats descendent des camions pour rejoindre à pied le champ de bataille.

 Les 75 kilomètres de cette route s’effectuent en huit heures. Elle va devenir la première autoroute de France.

 Les convois automobiles montants et descendants vont se succéder sans interruption 24h/24 et 7J/7.

 Un total de 175 sections automobiles sont affectées à cette tâche. Elles comprennent 300 Officiers, 8 500 hommes, 3 900 véhicules qui transportent par semaine environ 90 000 hommes et 5 000 tonnes de matériel. Ils effectuent un total d’un million de kilomètres en sept jours soit, dit-on, vingt cinq fois la circonférence de la terre.

 Durant les moments les plus intenses de la bataille et pendant vingt quatre heures, circulent 6 000 camions soit, explique-t-on, un véhicule toutes les quatorze secondes ; et jusqu’à un camion toutes les cinq secondes au cours des mois de mars à juin 1916.

 Une nouvelle voie ferrée.

 Du côté français, une nouvelle voie ferrée s’ouvre au trafic, la ligne 6 bis,  qui part de Sommeilles-Nettancourt pour rejoindre Dugny, elle est ouverte à la circulation le 20 juin 1916.

 Cette ligne unique, d’une longueur de soixante kilomètres, à écartement normal, permet d’arriver aux portes de Verdun et de libérer en partie les services de transport facilités par la mise en circulation de cette nouvelle ligne.

 La grande offensive de la Somme prévue le 29 juin, reportée au 1er juillet à cause du mauvais temps, permet de desserrer l’étau qui étrangle Verdun.

 Quelques semaines plus tard, le 13 août 1916, à titre d’essai, la route stratégique est ouverte en partie aux convois hippomobiles entre Bar-le-Duc et Lemmes.

 En septembre 1916, la circulation est rétablie sur la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé.

 La Commission Régulatrice Automobile est dissoute le 15 janvier 1917.

 Mais la guerre se poursuit et l’Armistice est signée quelques mois plus tard, le 11 novembre 1918 à 5h30 du matin, et mise en application à 11 heures.

 A qui devons-nous cette dénomination de « Voie Sacrée » ?

 On attribue à Maurice BARRÈS, journaliste, académicien, le mérite d’avoir donné le nom de « Voie Sacrée » à la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé.

 C’est une erreur. Et qui est reprise depuis quatre-vingt-dix ans par les historiens, écrivains, hommes politiques, journalistes, etc. On n’effectue aucune recherche, on se contente de reprendre les erreurs.

 Maurice BARRÈS l’a dénommée la « Route Sacrée ». La dénomination officielle on la doit à Pol CHEVALIER (ancien Maire de Bar-le-Duc, fondateur du Syndicat d’Initiative, Conseiller Général, Sénateur, Président de nombreuses associations, etc).

 Il est un illustre inconnu à Bar-le-Duc et pourtant…

 Après la guerre, au cours d’une séance du Conseil Général de la Meuse, il formule le vœu que la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé où tant de militaires se sont illustrés, devienne « Voie Sacrée » ce qui est repris par l’Assemblée départementale.

 Inauguration de la première borne de la « Voie Sacrée ». (Lire détail sur notre site).

 En 1922, Raymond POINCARÉ, ancien Président de la République (1913-1920), Président du Conseil, Ministre des Affaires Etrangères, élu récemment Président du Conseil Général de la Meuse, inaugure la 1ère borne de la « Voie Sacrée », située au carrefour des rues Bradfer et du Passage-Inférieur (aujourd’hui Verdun).

 Les bornes jalonnent cette route stratégique. (Lire détail sur notre site).

 Par la suite, cette route stratégique, Bar-le-Duc au carrefour du Moulin-Brûlé est jalonnée de bornes identiques à celles qui a été inaugurée par Raymond POINCARÉ, en aggloméré spécial surmonté d’un casque de poilu.

 Une loi est votée.

Le 30 décembre 1923, une loi classe en « Route Nationale » l’ensemble des chemins dits « Voie Sacrée » qui relie Bar-le-Duc à Moulin-Brûlé (8 kms de Verdun).

 Le Mémorial de la « Voie Sacrée ».

 Il faut attendre une quarantaine d’années, pour qu’un monument immortalise le sacrifice de tous les hommes qui empruntèrent cette célèbre route. Il est l’œuvre de l’architecte Gaston SCHMITT et du sculpteur François BARROIS.

 Le mémorial est édifié par la Fédération Nationale du Train, à proximité du carrefour du Moulin- Brûlé, le terminus de la « Voie Sacrée ».Il se dresse sur le plateau situé sur le territoire de la commune de Nixeville et domine cette route historique et la nationale 3.

A Barle-Duc :

 On déplace la borne monumentale. (Lire détail sur notre site).

 En 2000, pour des raisons de sécurité, la borne symbolique de la « Voie Sacrée » est déplacée pour être reléguée à la sortie de Bar-le-Duc, au carrefour de Marbeaumont. Elle est inaugurée pour la première fois au cours de l’année 2000.

 La route Sommelonne-Baudonvilliers (point de départ de la route stratégique) –

Bar-le-Duc est oubliée dans l’histoire de la 1ère guerre mondiale …..(15 kms).

Après le déplacement de la borne symbolique : (Lire détail sur notre site).

Pour remettre les pendules à l’heure, le 4 février 2005, j’adresse un courrier au Président du Conseil Général de la Meuse où je lui suggère :

« Etant donné qu’il n’y a plus de borne monumentale portant le kilomètre 0,920 sur la « Voie Sacrée », afin de respecter le « devoir de mémoire », ne pourrait-on pas réparer en partie cet oubli en plaçant devant la gare de Baudonvilliers un monument qui retracerait en quelques mots l’histoire de cette route appelée par les Français « Voie Sacrée » et par les Allemands la « Route infernale ».

 Cinq mois plus tard, le Président du Conseil Général me fait cette réponse :

 « Vous démontrez à travers vos remarques, vos exceptionnelles connaissances sur ce dossier (Voie Sacrée) ».

 « Je vous remercie d’avoir accepté de partager ces connaissances avec la « Mission Histoire ». Cette collaboration nous permettra de corriger la situation faite à la commune de Baudonvilliers et de lui redonner toute sa légitimité historique ».

 Par Arrêté du 15/02/2007, elle devient la « Voie Sacrée Nationale ». (Lire détail sur notre site)

La route départementale Bar-le-Duc – Moulin-Brûlé classée « Route Nationale Voie Sacrée » le 30 décembre 1923, devient « Voie Sacrée Nationale » par Arrêté du 15 février 2007, où il écrit :

Arrêté du 15 février 2007 portant dénomination de la route départementale reliant Bar-le-Duc à Verdun, etc.

 Le Maire de Verdun tente de faire transformer cet Arrêté, erroné puisque « La Voie Sacrée » s’arrête au carrefour du Moulin-Brûlé et non pas à Verdun, par une loi.

 Dans la traversée de Bar-le-Duc, la « Voie Sacrée » n’existait pas officiellement. (Lire détail sur notre site).

 J’ai envoyé plus de 200 courriers aux Maires, Préfets, responsables d’associations, Président du Conseil Général, Responsables de l’Armée, Presse, Ministres, Président de la République…..La liste n’est pas exhaustive. J’ai essuyé de nombreux refus, je me suis heurté à des silences valant des fins de non-recevoir.

 Malgré le blocage du dossier, la pression fait que le 28/06/1996, le Conseil Municipal de Bar-le-Duc vote une délibération et à l’unanimité décide, sur avis des commissions, que ces deux voies soient dénommées comme suit :

 - Rue de Verdun/Voie Sacrée dans sa totalité,

- Rue de Saint-Mihiel/Voie Sacrée des numéros 45 à 64,

- De donner tout pouvoir au Maire pour mener à bien cette affaire.

 Mais il faut attendre 2009 pour que les plaques indicatrices soient changées. Quatorze ans après l’envoi de mon premier courrier, en 1995.

(Voir sur notre site : "La route stratégique Bar-le-Duc - Moulin-Brûlé").

 Aujourd’hui, la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé est dénommée « Voie Sacrée » sur la totalité de son parcours officiel.

 Il faut savoir qu’en 1916 les trois quart de l’Armée Française sont passées par la « Voie Sacrée ».

A chaque décennie.

 La « Voie Sacrée » représentée par une borne symbolique, est immortalisée par l’édition soit :

 - D’une carte postale,

- D’un timbre poste,

- D’une flamme postale,

- D’une vignette,

- D’une enveloppe (prêt à poster).

Etc.

 A Souilly, la mairie s’associe souvent à ces commémorations en organisant dans ses locaux (l’ancien quartier général de Philippe PETAIN en 1916) une exposition retraçant l’histoire de la « Voie Sacrée » et en tenant sur place un bureau de poste temporaire.

 Le lycée de Bar-le-Duc dénommé lycée Raymond POINCARE, est devenu le berceau de cette route stratégique dénommée après la 1ère guerre mondiale la « Voie Sacrée ».

 Pour le centenaire de la bataille de Verdun, en 2016, posera-t-on une plaque dans son enceinte afin d’immortaliser cet évènement historique ?

 

Christian BOULAY

 

Commentaires (1)

1. Streiff 18/07/2017

MERCI CHRISTIAN POUR TOUTES CES INFORMATIONS QUI PRÉCISENT BIEN DES POINTS
amitiés

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