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Le Conseil Général - 3 - Fin

 

 LE CONSEİL GÉNÉRAL DE LA MEUSE

EST A L’ORİGİNE

DES QUİNZE KİLOMÈTRES MANQUANTS

DE LA « VOİE SACRÉE » ?

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(Suite 3 et fin).

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 Les festİvİtÉs sont termİnÉes et la vİE reprend son cours.

Les commentaires ne manquent pas.

 Les bornes vertes et rouges sont d’un effet déplorable.

 Cette question fuse :

 - Va-t-on laisser le long de la « Voie Sacrée » les anciennes bornes intercaler les nouvelles ?

 Mais on avance cet argument.

 « Nous pourrions les faire disparaître dès à présent mais il a paru plus indiqué d’attendre que la « Voie Sacrée » soit classée administrativement comme route nationale ».

 Quelques semaines plus tard, après l’inauguration.

 Un accident automobile se produit à proximité de cette première borne, et incite les responsables à réagir.

 On se rend seulement compte que la situation de celle-ci isolée au milieu de ce qui ressemble à une place, la fait paraître, dit-on mesquine. Elle n’est pas à l’échelle du lieu.

 On constate qu’il est évident de placer une inscription précisant pour les générations futures, la raison de cette borne et du jalonnement de la « Voie Sacrée ». Ce n’est pas le cas.

 On envisage de l’enlever et de la remplacer par un monument.

 Trois projets sont présentés.

 Le premier.

 L’idée directrice de ce projet, consiste à respecter la borne 0 kilomètre, telle qu’elle est.

On se contenterait d’ériger une stèle en granit brut contre laquelle elle se trouverait adossée.

Un entourage de fûts de canons en fonte solidement enterrés reliés par des chaînes achèverait de protéger la borne.

 La stèle supporterait des inscriptions commémorant l’histoire de la « Voie Sacrée ».

Le second.

 On conserverait la borne mais en la surélevant sur un socle en granit.

 Le dernier.

 C’est le projet retenu par l’Ingénieur des PC qui a pour but :

 « - De donner à la borne une entité propre par ses dimensions qui sont en rapport avec la surface de la place dont elle occupera le centre ».

 Au milieu d’un terre-plein circulaire, reposera sur un soubassement, lui aussi circulaire, le monument qui aura la forme d’une pyramide. Sur les quatre faces, seront gravées des inscriptions.

 L’ensemble sera entouré d’une grille.

 Après consultations de diverses personnalités, de la Municipalité, de la Société des Lettres, Sciences et Arts, c’est le troisième projet qui est retenu.

 Un crédit de 12 000 F est voté. Son exécution est confiée à la Société « Le Granit » d’Abainville, la grille est réalisée par Monsieur MATHIEU, serrurier à Bar-le-Duc.

 Quelques mois plus tard, le monument se dresse à l’emplacement de la borne, inaugurée par le Président POINCARÉ.

 Sur ses faces sont gravées les inscriptions suivantes :

 « Voie Sacrée – Verdun : 57 km 2 »

 

« Le Conseil Général de la Meuse a voulu que fut gravé sur place, kilomètre par kilomètre, le souvenir ineffaçable des héros de Verdun ».

 « C’est par cette route, que pendant toute l’année 1916, sont montés vers les champs de bataille de Verdun, les grands soldats qui allaient combattre et mourir pour la liberté ».

 « Monsieur Raymond POINCARÉ, ancien Président de la République, Président du Conseil des Ministres, Président du Conseil Général de la Meuse, a scellé officiellement la première borne kilométrique de la « Voie Sacrée », etc ».

 Le piédestal sur lequel est érigée la nouvelle borne est entouré d’une grille.

 La Commission des Travaux Publics de la Chambre des Députés a clos le dossier du classement de la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé.

Il a fallu attendre 1923, pour qu’une loi classe en « route nationale », l’ensemble des chemins dits « Voie Sacrée ».

 « Le Sénat et la Chambre des Députés l’ont adopté.

 « Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit » :

 Article unique.

 « Est classé comme route nationale, dans son état actuel, l’ensemble des Voies Vicinales du département de la Meuse qui relient actuellement Bar-le-Duc au carrefour du Moulin-Brûlé, sur la route nationale n°3, ledit itinéraire s’embranchant à Bar-le-Duc, sur la route nationale n°66 au point 0 km 920, empruntant les rues du Passage-Inférieur  et de Saint-Mihiel à Bar-le-Duc, les chemins Vicinaux de grande communication n°1 bis, 2 bis, 6 bis et venant aboutir à la route nationale n°3, à 8 kms environ de Verdun.

  La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des Députés sera exécutée comme loi de l’Etat ».

 Ce classement a pour effet de mettre à la charge exclusivement de l’Etat :

 - L’entretien de la route nationale n°66 au point kilomètre 0,920 empruntant les rues du Passage-Inférieur et de Saint-Mihiel (jusqu’à la sortie de Bar le-Duc), etc.

 Auparavant la Ville de Bar-le-Duc déboursait une somme annuelle de 3 000 F, qu’elle va pouvoir économiser.

 La « Voie Sacrée » aura fait couler beaucoup d’encre.

 Certains trouvent que le casque qui surmonte le monument de la « Voie Sacrée » n’est pas assez apparent. Il devrait se détacher de sa base sur laquelle dit-on, il semble affalé.

 La coiffe appelée « La Bourguignotte » doit rappeler « les valeureux Poilus qui s’engagèrent sur cette route à jamais célèbre, se dirigeant sur la fournaise de Verdun qui devaient les dévorer par milliers ».

 « Ne pourrait-on apporter une amélioration aux dispositions actuelles ? ».

 « Par exemple, en surmontant d’une tête de Poilu coiffée de la légendaire Bourguignotte ? ».

 Après délibération.

« …………Il est émis l’avis qu’il y a lieu de maintenir le statu quo en ce qui concerne la forme actuelle de la borne commémorative de la « Voie Sacrée ».

 Le classement de la « Voie Sacrée » permet à la Ville de Bar-le-Duc de faire cette communication :

 « Le Conseil serait heureux de voir remettre la « Voie Sacrée » en état de viabilité ; car elle n’est pas très carrossable pour l’instant ».

 Quelques semaines plus tard, la Mairie de Bar-le-Duc a attendu, avant de faire paraître ceci, dans le compte-rendu du Conseil Municipal.

 « Décret de Monsieur le Président de la République, classant comme route nationale, dans son état actuel,, l’ensemble des Voies Vicinales du département de la Meuse qui relient actuellement Bar-le-Duc au carrefour du Moulin-Brûlé, sur la route nationale n°3, ledit itinéraire s’embranchant sur la route nationale n°66, empruntant les rues du Passage-Inférieur et de Saint-Mihiel à Bar-le-Duc ».

 Quelques mois après la réclamation de la Mairie de Bar-le-Duc, au sujet de « l’état de viabilité » de la « Voie Sacrée ».

 Une situation est faite par les services compétents.

 Il n’y a toujours pas de comptage des véhicules mais cette route est très fréquentée par les automobiles légères.

 Des essais de silicate ont été effectués entre les kilomètres 11.500 et 15.000 et ils ont donné toute satisfaction. Ils doivent se poursuivre entre Naives et Petit Rumont. Un seul tronçon est défectueux, il se situe au-delà du point kilométrique 15 vers Erize la Grande.

 Les fossés et les accotements sont remis en état.

 En ce qui concerne les plantations aux abords de la « Voie Sacrée ».

 Il est constaté aux alentours de Bar-le-Duc, Erize la Petite et Chaumont sur Aire.

 - Les plantations forestières sont de qualité et très variées, mais les arbres fruitiers sont plus nombreux.

 Le long du parcours, de nombreux arbres sont manquants, d’autres poussent difficilement ; eux aussi ont été victimes de la guerre.

 Un projet de remplacement est à l’étude, notamment sur les trente et un premiers kilomètres.

 Alors que le bornage de la « Voie Sacrée » est entièrement terminé, la signalisation est très avancée.

 BAR-LE-DUC VIENT D’AVOIR SON MONUMENT DE LA « VOIE SACRÉE », VERDUN VEUT LE SIEN.

 Le Maire de Verdun demande que soit examinée la possibilité d’établir dans cette Ville, le point terminal de la « Voie Sacrée », à l’aide d’une borne commémorative semblable à celle installée à Bar-le-Duc.

Au sein de l’Assemblée, ce vœu ne fait pas l’unanimité…… Sur cette question de l’emplacement de la dernière borne, dit-on, une seule chose doit être considérée : la vérité historique.

Cette demande n’obtient que partiellement satisfaction et on explique que :

 1.      L’Administration a déjà fait flécher les règlements en installant les bornes commémoratives sur le tronçon de la route nationale n°3 depuis Moulin-Brûlé jusqu’à sa bifurcation avec le chemin de Chauffour, au lieu dit « La Californie ».

  1. 2.      « ……..La route classée sous le nom de « Voie Sacrée » ne mesure que 48,400 kilomètres et va de Bar-le-Duc à Moulin-Brûlé, à 8 kilomètres de Verdun ».

 Le Conseil Municipal de la Ville de Verdun ainsi que le Conseil Général de la Meuse recherchent l’emplacement idéal et plusieurs lieux sont proposés :

 - Le premier lieu proposé : les Anciens Combattants proposent un emplacement devant l’Hôtel de Ville,

 - Le second lieu proposé : sur la place St Pierre, à la jonction de deux routes nationales, rues Saint-Paul et Mazel,

 - Le troisième lieu proposé : à l’entrée de la Ville, devant la porte St Paul,

 - Le quatrième lieu proposé : aux abords de l’Ecoute n°1 de la citadelle.

 Après délibération, ne sont retenues que deux propositions :

- L’emplacement devant la porte Saint Paul,

- L’emplacement devant la place Saint-Pierre.

 Le Conseil Général a une préférence pour l’emplacement situé devant la porte Saint Paul et puis, dit-on :

 1.      « Lorsque la ville aura établi le pont de la Victoire et l’avenue du même nom, la borne pourra être déplacée et installée dans l’axe de l’avenue de la Victoire ».

2.      « La borne monumentale sera identique à celle qui se dresse à Bar-le-Duc et la dépense s’élèvera à 19 000 Francs ».

 Dans l’incapacité de s’entendre, le Conseil Général et la Mairie de Verdun referment le dossier sans qu’une décision ne soit prise !

 Cependant, bien plus tard, Verdun aura sa borne « Voie Sacrée ».

 Elle complète le monument de la Voie de la Liberté…..

 Quelques années plus tard, la Mairie de Verdun, ne respecte pas la loi de 1923 et bafoue l’Histoire.

 Lors de l’enquête effectuée pour le classement de la route stratégique en Route Nationale de la « Voie Sacrée » (RNVS), seule route en France à n’avoir pas de numéro :

 - Le Conseil Municipal de Verdun à l’aide d’une délibération municipale demande que celle-ci se prolonge à travers la Ville, par les rues du RU et de Mazel.

Auparavant, comme nous l’avons vu, la Ville n’a obtenu que partiellement satisfaction. La « Voie Sacrée » doit s’arrêter au carrefour du Moulin-Brûlé qui est situé à 8 kms de Verdun, mais elle se poursuit jusqu’à sa bifurcation avec le chemin de Chauffour, au lieu dit « La Californie ».

 Mais cela ne suffit pas.

 La municipalité s’obstine, fait voter une délibération du Conseil Municipal et prolonge la « Voie Sacrée » dans la Ville de Verdun et avance ce motif :

 « En 1916, la place de Verdun n’est reliée à l’intérieur du pays que par la fragile route départementale de Bar-le-Duc, etc ».

 Or, je le répète, la « Voie Sacrée » se termine au carrefour du Moulin-Brûlé qui est situé à 8 kilomètres de la place de Verdun.

 Le Conseil Municipal de Verdun a dénommé la partie de la Route Nationale 3 comprise entre l’avenue du Mort Hommes et de la route de Paris :

 « Voie Sacrée ».

 

Un poİnt d’hİstoİre.

 

Le carrefour du Moulin-Brûlé.

 Est aménagé spécialement pour faciliter le virage des camions qui repartent sur Bar-le-Duc.

 C’est là, sous les bombardements qui s’intensifient au fur et à mesure que l’on approche du champ de bataille, que les régiments transportés pour prendre part à la bataille et relever les camarades en ligne, descendent des camions et parcourent de nuit à pied, 15 à 20 kilomètres.

 Juillet 2015 :

 DANS L’OUVRAGE QUİ VİENT DE PARAÎTRE, QUİ EST TİTRÉ :

 « Rues, canaux et ponts de Verdun ».

 Il est écrit à la page 159 concernant :

L’Avenue de la « Voİe SacrÉe » :

 « Route stratégique reliant Bar-le-Duc à Verdun, Artère principale de la circulation du matériel et des troupes lors de la bataille de Verdun ».

 « Baptisée ‘’ Voie Sacrée ‘’ »

 « Par l’écrivain Maurice BARRÈS ».

 « L’avenue du même nom est inaugurée en 1925 par Raymond POINCARÉ ».

DANS CES QUELQUES LİGNES, İL Y A DEUX ERREURS QUE NOUS RECTİFİONS :

 La « Voie Sacrée » inaugurée par Raymond POİNCARÉ s’arrête au carrefour du Moulin-Brûlé situé à 8 kilomètres de Verdun, où se dresse aujourd’hui le mémorial de la « Voie Sacrée ».

 Or, à la page 117 de cet ouvrage, nous relevons :

 Moulin-Brûlé :

 « Lieu-dit à l’ouest de Verdun, sur la route de Bar-le-Duc ».

 « Durant la bataille de Verdun, ce hameau se trouve être à la fois le front de la portée extrême des canons Allemands et le point d’arrivée des camions véhiculant soldats et matériels par la ‘’ Voie Sacrée ‘’ ».

 CES QUELQUES LİGNES CONFİRMENT BİEN QUE LA « VOİE SACRÉE » S’ARRÊTE AU CARREFOUR DU MOULİN-BRÛLÉ, DÉNOMMÉ PAR LES SOLDATS « LE TOURNİQUET ».

 Or, pourquoi, en 1925, Raymond POİNCARÉ aurait inauguré l’avenue « Voie Sacrée » à Verdun ?

 CE QUI EST FAUX, AUSSI :

 Maurice BARRES n’a jamais dénommée cette route stratégique « Voie Sacrée » mais « Route Sacrée ».

 (Voir sur le site :

« Dénomination ‘’ Voie Sacrée ‘’).

 Christian BOULAY

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