LE DEBUT DE LA BATAILLE DITE DE "VERDUN" - partie 4 et fin

LE DÉBUT DE LA BATAILLE

DITE DE « VERDUN ».

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Partie IV et Fin.

À L’ARRIÈRE DU FRONT :

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Ci-dessus : l’arrivée des troupes à Ligny en Barrois.

Commence à débarquer, le 20ème corps d’armée composé notamment de Lorrains à :

                Revigny - Bar-le-Duc – Ligny en Barrois.

DANS LA SOIRÉE DU 21 FÉVRIER 1916 :

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Ci-dessus : Le 21/02/1916, le Zeppelin LS 77est abattu près de la commune de Brabant le Roi.

Sur 83 Zeppelins, 66 ont été détruits, au cours de cette guerre.

ALORS QUE L’ON A PRIS SOIN DE RENFORCER LA SECTION D’AUTO-CANONS AFIN D’ASSURER LA PROTECTION DE L’IMPORTANT NŒUD FERROVIAIRE DE REVIGNY.

- Cette disposition permet d’interrompre brutalement le survol du Zeppelin LS 77 qui avait pour mission de bombarder les voies ferrées.

Il est abattu près de la commune de Brabant le Roi.

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Ci-dessus : le personnel de la section d’auto-canons avec ses officiers,

qui ont abattu le Zeppelin.

SUR LE CHAMP DE BATAILLE.

Jusqu’à la tombée de la nuit, retentissent des explosions.

UN TÉMOIN RACONTE :

« Toute cette région ressemble à un cratère de volcans en action projetant dans une épaisse fumée noire, de longues flammes, de la terre, des pierres… ».

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Les explosions secouent l’atmosphère, le sol s’entr’ouvre comme retourné par des mines.

De gros arbres fauchés, par les obus, sont projetés au loin. Ils sont écrasés ou obstrués par des immenses tas de terre.

IL A ÉTÉ RAPPORTÉ.

- Qu’aux bois d’Haumont, au  nord-est du bois des Caures, il avait été trouvé des fantassins Français, endormis au milieu des cadavres de leurs camarades malgré le bruit assourdissant des canons.

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Ci-dessus : Un soldat, surpris, en plein sommeil dans une église.

L’épuisement nerveux des survivants était tel que de nombreux poilus, lorsque le tir Allemand s’allongea, tombèrent dans un profond sommeil, et l’attaque Allemande les surprit ainsi.

LE BILAN DE CETTE TERRIBLE JOURNÉE DU 21 FÉVRIER 1916.

L’État-major Français avait sous-estimé la puissance de l’offensive Allemande.

Jamais encore, on avait assisté à un pareil déchaînement de flammes et d’acier.

L’artillerie avait pour but :

- Abattre, écraser, niveler à coups d’obus, bois, arbres, etc.

Malgré le titanesque travail de préparation de l’artillerie ennemie, les trois vagues d’assaut de son infanterie, munies de lance-flammes, a pour ainsi dire très peu avancée.

Les premières lignes Française qui servaient de rempart face à l’ennemi sont tombées.

Les bois des Caures et de l’Herbebois sont en partie détruits mais les Français résistent toujours.

Quant au bois d’Haumont, il est réduit à néant.

Les pertes Allemandes sont quatre fois supérieures à celles qu’avait prévues l’ennemi.

Alors que les Allemands avaient prédit la chute de Verdun en huit jours.

La bataille dite de « Verdun » va durer 300 jours.

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La ville de Verdun a été détruite en deux mois et rebâtie en dix ans.

NOTRE TÉMOIN SUR LE CHAMP DE BATAILLE POURSUIT SON RÉCIT :

Le 22 février 1916 :

« Le 22, le glissement sur les bois d’Haumont et de Samogneux se produisit ».

« Ceux qui ont eu le périlleux honneur de se battre là se souviennent de ces rafales de projectiles qui comblaient les tranchées, bouleversaient les ouvrages, éventraient le sol et détruisaient les villages déjà en ruines ».

« Le 22, au fin matin, quand les brigades Allemandes s’avancèrent en tirailleurs, précédées de leurs lance-flammes, pour occuper des positions qu’elles croyaient abandonnées depuis la veille, elles virent se dresser devant elles des compagnies décimées qui les obligèrent à s’arrêter et à employer la ruse, pour contourner les ilots de résistance ».

« Alors que nous ne pouvions opposer que nos fusils aux Boches, toujours précédés de leurs formidables obus qui écrasaient tout à leurs points de chute, l’infiltration avait lieu, insinuante et timide ».

« Les Allemands ne pensaient jamais qu’un aussi mince rideau de troupes pût les arrêter si longtemps et leur infliger des pertes aussi sérieuses ».

« Des stratèges en chambre ont pu dire » :

« S’ils avaient voulu, ils auraient pris Verdun ! ».

« Ils l’ont voulu et Verdun est restée vierge de toute souillure ».

« Il est des légendes qu’il faut détruire. Si l’armée Allemande n’a guère dépassé les confins de Samogneux, si elle n’a pu aller au-delà de la chapelle Sainte-Fine, si elle a perdu des milliers d’hommes en montant à l’assaut du fort de Vaux, c’est que les Français l’ont empêché d’arriver plus loin ».

CE 22 FÉVRIER 1916, IL S’EST PASSÉ BEAUCOUP DE CHOSES.

Notamment cette décision capitale est prise :

LA MISE EN APPLICATION DE L’ORGANISATION DES TRANSPORTS INTENSIFS EST DECLENCHÉ À 12 HEURES.

Suite aux dispositions prises la veille du déclenchement des hostilités par les Allemands.

Tout est mis en place et en moins de quatre heures :

L’artère Sommelonne – Baudonvilliers/Bar-le-Duc/ Verdun est utilisée pour le transport par véhicules de la troupe, des munitions, etc.

Elle sera par la suite exclusivement réservée à la circulation automobile et son point d’arrivée ne sera plus Verdun mais le carrefour du Moulin-Brûlé.

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Ci-dessus : Sur la route Bar-le-Duc/Moulin-Brûlé dénommée après la guerre « Voie Sacrée ».

Les combats se poursuivent :

On se bat dans la neige.

Les Allemands sont partout, ils attaquent toujours aux lance-flammes le bois de Consenvoye, le village d’Haumont ne résiste pas à l’assaut ennemi.

C’est la prise de Samogneux. La situation du bois des Caures devient critique.

LES CANONS BOMBARDENT LE BOIS DES CAURES.

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Ci-dessus : dans le bois des Caures, les soldats du colonel DRIANT…

Depuis le début de cette journée, veillaient les 56 et 59es bataillons de chasseurs, placés sous les ordres du Lieutenant Colonel DRIANT. Ce qui faisait un effectif de 1300 hommes armés de :

- 6 batteries de 75,

- et de 8 batteries lourdes.

Ils sont soumis aux tirs des obusiers et des mortiers Allemands qui les ont écrasés, la plupart des abris sont détruits sous les explosions. Les arbres n’existent plus.

Ils sont cernés et traqués. Les pertes humaines sont très élevées.

AU COURS DE LA NUIT ET DE LA JOURNÉE DU 22 FÉVRIER 1916 :

Ils vont subir l’assaut de quatre régiments soit près de 10 000 hommes soutenus par :

- 7 batteries de 77 ainsi que de 40 batteries lourdes.

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Ci-dessus : Au centre, le Lieutenant Colonel DRIANT, au milieu de ses hommes.

LE 22 FÉVRIER 1916, EN FIN D’APRÈS-MIDI :

Se voyant complètement débordé, le Lieutenant Colonel DRIANT décide de se déplacer vers Beaumont. C’est au cours de cette retraite que sont tués le Commandant RENOUARD et le Colonel DRIANT.

Un témoin raconte :

« Je venais de me laisser tomber dans un trou lorsqu’un Sergent qui accompagnait le Colonel DRIANT qui le précédait d’un pas ou deux, se laissa tomber dans le même trou que moi ».

« Après l’avoir vu sauter dans le trou, j’ai vu nettement le Colonel DRIANT sur le rebord même de ce trou d’obus faire le geste d’étendre les bras en disant » :

« Oh ! là, mon Dieu ! ».

« Puis faire un demi tour sur lui-même et s’affaisser en arrière, face au bois ».

« Il ne donnait plus signe de vie, le sang coulait d’une blessure à la tête et sortait aussi par la bouche. Il avait le teint d’un mort et ses yeux étaient à demi fermés ».

On évalua à quatre vingt mille le nombre des gros projectiles tombés dans un rectangle d’une longueur de 500m, sur 1 000 mètres de côté.

Le XVIIIe corps Allemand, avait reçu l’ordre d’enlever, à tout prix ce jour-là, le bois des Caures.

Sur un effectif de 1 300 hommes, ils sont 110 rescapés.

Cette citation :

Les 56e et 59e Bataillons de Chasseurs, pour le commandement des chefs tels que le Colonel DRIANT, le commandant RENOUARD, le capitaine VINCENT ont fait l’admiration de tous pendant le commandement des 20 et 21 février 1916 (NDLR erreur 21-22).

Unis dans une même foi, n’ayant qu’une seule âme, ils ont montré tout ce que l’on peut attendre de ces soldats d’élite et ont rajouté une grande et glorieuse page à leur histoire.

ALORS QUE LE COLONEL DRIANT EST SEULEMENT PORTÉ DISPARU.

Il faudra attendre de nombreuses semaines pour avoir la confirmation de son décès par ce communiqué :

« Les renseignements parvenus à la Présidence…ne paraissant pas laisser de doutes ».

« Le Colonel DRIANT, Député de Meurthe et Moselle, est mort au champ d’honneur ».

AUJOURD’HUI, LE COLONEL DRIANT, EST UN HÉROS, MAIS POUR L’ARMÉE AVANT SA MORT, C’ÉTAIT UN REBELLE QUI AVAIT FAIT DE LA PRISON POUR INDISCIPLINE.

Il a été condamné à plusieurs reprises par l’Armée, notamment :

- Par le Ministre de la guerre, à trente jours d’arrêts pour avoir publié un ouvrage qui a pour titre :

« La guerre de demain » dont l’auteur est le Capitaine DANRIT (qui était son pseudonyme).

Le motif :

Ne s’est pas muni préalablement de l’autorisation ministérielle.

En vertu du règlement :

- Qui interdit à tout militaire en activité de publier une seule ligne sans l’autorisation de ses chefs…

IL SE BAT EN DUEL :

Il publie dans un journal un article injurieux concernant un Général qui le provoque en duel.

EN 1915 :

Il utilise son influence politique pour attirer l’attention du Président de l’Assemblée, sur la pauvreté des défenses de Verdun.

Il s’attire les foudres de JOFFRE qui lui reproche de ne pas respecter la voie hiérarchique.

À son sujet, Alistair HORNE, écrivain écrit :

« Seule la mort héroïque de DRIANT le sauva peut-être de l’ignominie d’une cour martiale, lui assurant au contraire sa place dans les rangs des martyrs de l’histoire de France ».

Dscf5438Ci-dessus : Alistair HORNE, écossais, écrivain, s’est passionné

pour cette bataille qui demeure l’une des plus grandes de toute l’histoire militaire.

Il en a étudié tous les détails.

UN MAUSOLÉE A ÉTÉ ÉRIGÉ DANS LE BOIS DES CAURES.

Chaque année, le 21 février, une cérémonie y est célébrée, en souvenir du Colonel DRIANT et des chasseurs morts pour la défense de Verdun.

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Ci-dessus : Le lieutenant Colonel Emile DRIANT (1855-1916)

gendre du Général BOULANGER, Député,

écrivain sous le pseudonyme Capitaine DANRIT, Officier.

 

 

Christian BOULAY

Illustrations de l’auteur.

 

(A suivre : « Le bombardement de la

Ville de Verdun »).

 

 

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