Bombardement de Verdun - 5

LE BOMBARDEMENT

DE LA VILLE DE VERDUN.

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5ème partie

ALORS QUE LES BOMBARDEMENTS DE LA VILLE DE VERDUN,

REDOUBLENT D’INTENSITÉ.

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LE 24 FÉVRIER 1916 :

Les autorités civiles ainsi que les habitants quittent la cité Verdunoise.

Le témoignage d’un conducteur de la section d’autocanons dénommée TM 327.

Va compléter mon dernier récit (le bombardement de la ville de Verdun 1) qui relate les premiers bombardements de celle-ci en février 1916.

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On va le retrouver dans un de ces camions, comme celui reproduit ci-dessus, qui fait partie d’une section qui est composée d’une vingtaine de véhicules.

Elle est dénommée pour le transport du matériel :

                            Section TM

Pour le transport du personnel:

                            Section TP

Elle est toujours désignée par un numéro comme nous le voyons ci-dessous :

                            Section d’autocanon TM 327.

A l’initiative des chauffeurs et pour identifier rapidement les véhicules :

Une vignette est peinte sur le côté des camions, d’une couleur différente : jaune, vert, rouge, etc.

Comme on le voit ci-dessous :

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Quelques exemples :

- L’ours, section TM 431.

- Le corbeau, section TM 716.

- Le flic, section TM 596.

- Le pinard, section TM 48.

- Le pélican, section TM 557.

- Le singe affreux, section 273, etc.

Retrouvons notre chauffeur :

Le camion va rouler sur la route Bar-le-Duc-Moulin-Brûlé/Verdun :

Aujourd’hui dénommée « Voie Sacrée ».

« Je me retrouvais avec cinq camions du TM 327, dont je faisais alors partie :

- en service à la gare de Bar-le-Duc,

Pour y décharger quelques wagons de pains, lorsque l’ordre arriva ».

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Ci-dessus : L’illustration représente la gare du chemin de fer à voies normales à Bar-le-Duc

Avec sa place qui était la réplique de celle de la gare de l’Est à Paris.

Les grilles ont été enlevées lors de la construction du monument élevé en mémoire des combattants de la guerre de 1870-71.

Par la suite, celui-ci sera déplacé pour laisser la place au monument qui se dresse sur la place de la gare, qui immortalise Raymond POINCARÉ, Président de la République (1913-1920).

« D’envoyer à Verdun pour y ravitailler la population civile qui, disait se trouver privée de toute ressource alimentaire depuis 24 heures ».

Direction la ville de Verdun.

« C’est maintenant la route droite, sans encombrements, sans obstacles ».

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Ci-dessus : Comme on le voit, la cabine est ouverte à tous les vents.

Seuls des groupes  de poilus longent les arbres.

« Le phare que j’ai laissé allumé, les éclaire brusquement et nous les voyons courir et se garer en hâte, surpris par la lumière et le bruit de ce camion bondissant, seul, sur les cailloux ».

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ALORS QU’A VERDUN, L’ARMÉE FRANÇAISE SUBIT ÉCHEC SUR ÉCHEC.

L’arrivée du Général PÉTAIN à Souilly va être un tournant de l’histoire de la première guerre mondiale.

Conscient de l’insuffisance des voies de communication, il va parer au plus pressé en doublant les voies ferrées du Meusien, et en transformant la route Bar-le-Duc-Moulin-Brûlé en une autoroute. Ce sera la première en France.

LA CIRCULATION DES VÉHICULES DE NUIT :

Ils circuleront 24H/24 et rouleront par conséquent de nuit, phares allumés jusqu’à Souilly.

Les camions se suivront à distance régulière, l’arrière de chaque véhicule recevra la lumière blanche des phares à acétylène du camion qui le suit et on aura l’impression de voir :

     - Deux chenilles lumineuses en marche perpétuelle.

On tolérera à l’approche du front :

     - De petites lanternes à verres bleus, qui éviteront des accidents.

Un dessinateur immortalisera cette route, entre Bar-le-Duc et Souilly, comme on le voit ci-dessous

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Je veux parler de Georges SCOTT (1873-1943), dessinateur, illustrateur.

Il est connu, notamment, par ses dessins croqués sur le champ de bataille au cours de cette première guerre.

NOUS RETROUVONS NOTRE CAMION SUR CETTE ROUTE STRATÉGIQUE :

Le conducteur est rivé à son volant dont les trépidations sont épouvantables. Ankylosé par le froid, et malgré cela, il lutte bien souvent contre le sommeil.

Il lui arrive d’être à son volant quinze et même dix huit heures.

Pour lutter contre le froid, les chauffeurs portent un manteau en peau de bique comme on le voit sur l’illustration reproduite ci-dessous :

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Dans la cabine ouverte, il y a deux conducteurs, comme nous le voyons ci-dessus, qui se relayent. Les journées sont longues.

« Un pont, nous tournons brusquement, une grande gerbe de feu jaillit à notre droite, un souffle chaud nous arrive au visage ».

Les bombardements.

« C’est la citadelle… çà brûle ».

« Bientôt à cent mètres de nous, deux éclatements successifs ébranlent l’air, suivis d’un bruit de verre cassé qui s’éparpille ».

« C’est la gare qui prend ! ».

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Ci-dessus : La gare de Verdun avant la guerre.

A la fin du XXe S, une pétition des commerçants adressée à la compagnie des chemins de fer de l’Est, a demandé l’extension de la halle aux marchandises de la gare.

Il fit remarquer que celle-ci, construite en 1869, n’était alors destinée qu’à desservir une voie.

Depuis, dit-on, il a été créé la ligne de Lérouville à Sedan, et, bientôt va s’ouvrir la petite ligne Bar-Beauzée à Verdun.

Que la population était à l’origine que de 11 000 habitants et que, depuis on en comptabilise 19 000.

Ils ont obtenu satisfaction.

Dans les rues :

« Pas une lueur aux fenêtres ».

« Quelques ombres le long des maisons… ».

« C’est pourtant la solitude et le silence, avec seulement, à de courts intervalles, le chant lugubre des gros projectiles qui passent sur la ville où tout semble mort ».

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Ci-dessus : A Verdun, la rue du St Esprit, maintenant l’avenue de la victoire.

Nous arrivons à la Sous-préfecture :

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« Un virage, une grille qu’on franchit ».

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Ci-dessus : L’entrée de la Sous-préfecture de Verdun.

« Nous stoppons dans la cour de la Sous-préfecture, il est près de minuit ».

 

Christian BOULAY

Illustrations de l’auteur.

(A suivre :

Le bombardement de la ville de Verdun

6ème  partie).

 

 

 

 

 

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