La 1ère borne.

A BAR-LE-DUC (Meuse)

LA PREMİÈRE BORNE DE  LA «  VOİE SACRÉE  »

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 İnaugurée par Raymond POİNCARÉ (1860-1934)

Président de la République.

 Texte inédit déposé

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 EN POSANT LA 1ère BORNE, LE PRÉSİDENT POİNCARÉ, İNAUGURE LA « VOİE SACRÉE ».

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 Quelques jours avant son arrivée dans sa ville natale pour inaugurer la première borne de la « Voie Sacrée » dont la presse en a  fait largement écho, Raymond POINCARÉ qui est :

 - Président du Conseil (aujourd’hui Premier Ministre)

(1922 à 1924 et de 1926 à 1929),

 - Ministre des Affaires Etrangères (1922 à 1926).

 Il est en même temps :

 - Président du Conseil Général de la Meuse.

 Toute la presse Française et Internationale a les yeux braqués sur lui.

 Il vient de traverser une période difficile. Il fut victime d’une tentative d’assassinat et il vient de subir un échec lors de la conférence de Londres.

 C’est dans ce contexte, que le Président POINCARÉ va inaugurer la « Voie Sacrée » et sa première borne qui marquera le point de départ de la « Route Nationale de la Voie Sacrée » (RNVS) dénommée ainsi par la loi du 30/12/1923.

 La première borne :

 Cette borne est placée au centre de la place située au croisement des rues Bradfer et du Passage-Inférieur, aujourd’hui rue de Verdun (depuis 1952) et a pour toile de fond quelques maisons basses et jardins.

 L’inauguration :

 A 11 heures, Monsieur MAGINOT, Ministre de la guerre, avec à ses côtés, Raymond POINCARÉ, arrivent sur les lieux. Celui-ci prononcera, l’après-midi, un discours très important devant l’assemblée départementale qui sera repris par l’ensemble de la presse française et étrangère.

 Alors que la musique du 94ème Régiment d’Infanterie joue la Marseillaise, « la toile qui recouvre la borne est enlevée. Elle est composée d’une stèle carrée en pierre blanche, d’une hauteur d’un mètre environ, surmontée d’un casque de Poilu en bronze et posée sur un coussin de granit rouge ».

Elle porte les inscriptions suivantes :

 Sur un côté, est gravée « Voie Sacrée », en dessous figure une palme, et toujours en dessous apparaît 0 kilomètre.

 Sur chaque côté, on pouvait y lire : Verdun 57 kms 2.

 Dans un silence impressionnant, sur la tribune enrubannée d’un tissu tricolore, le Président POINCARÉ entouré d’une foule considérable prend la parole et d’une voix forte :

 « Chère et vieille route de Verdun ! Qui m’eut dit, lorsque j’y faisais, tout enfant, mes longues promenades dominicales, qu’elle contribuerait un jour à assurer le salut de la France ? ».

 « Mais, si j’avais prévu qu’elle devint glorieuse, elle m’eut sans doute intimidé au point de me gâter un peu mes jours de congés ».

 « N’importe. Nous lui devons tous aujourd’hui une profonde reconnaissance. Si nos magnifiques Poilus ont pu empêcher l’ennemi d’entrer dans Verdun ».

 « Des camions remplis de Poilus se dirigeaient gravement vers la bataille et allaient relever les troupes fatiguées, d’autres camions plus joyeux ramenaient ceux qui sortaient de la fournaise ».

 « Il a fallu, pour défendre la place, un roulement d’un million d’hommes, qui ont tous été prélevés sur l’armée française ».

 « Le plus grand nombre ont passé sur la « Voie Sacrée » et elle a vaillamment résisté à l’usure causée par l’intensité de ces transports continus, etc ».

 Une immense ovation salue les dernières paroles du Président du Conseil et Monsieur BEGUE, Préfet de la Meuse, ajoute quelques mots, afin de glorifier la « Voie Sacrée.

 « Cette route de Verdun où s’est accompli le miracle permanent du génie Français ! ».

 Après les discours d’usage, Raymond POINCARÉ fait ensuite le geste symbolique de sceller au mortier la borne sur son soubassement. Le cortège se rend ensuite à l’Hôtel de Ville.

 Par la suite, la « Voie Sacrée » sera jalonnée de bornes identiques à celle qui a été inaugurée, en aggloméré spécial surmonté d’un casque de Poilu.

 Elle sera déplacée et :

 Le projet retenu de Monsieur FRONTARD, Ingénieur des Ponts et Chaussées sera de : « donner à la borne une entité propre par ses dimensions en rapport avec l’étendue de la place dont elle occupera sensiblement le centre, au milieu d’un terre-plein circulaire en saillie sur la chaussée et entouré d’une grille ».

Et puis, dit-on aussi, il convient évidemment de placer une inscription précisant, pour les générations futures, la raison d’être de cette borne et du jalonnement général de la « Voie Sacrée ».

 Le caractère commémoratif de cette borne sera complété par les inscriptions suivantes :

 Sur la face principale :

C’est par cette route que pendant toute l’année 1916, sont montés, vers les champs de bataille de Verdun, les grands soldat qui allaient se  battre et mourir pour la liberté.

 Sur le côté gauche :

 Le Conseil Général de la Meuse a voulu que fut gravé sur place, kilomètre par kilomètre, le souvenir impérissable du passage des héros de Verdun.

 Sur le côté droit :

 Monsieur Raymond POINCARÉ, ancien Président de la République, Président du Conseil Général de la Meuse, a scellé ici la première borne kilométrique de la « Voie Sacrée », le 21 août 1922.

 La matière employée devait être en granit. La borne monumentale reposerait sur un socle. Entre celui-ci et le sommet de celle-ci, elle mesurerait 2 m.

 Le Conseil Général vote un crédit. Son exécution est confiée à la Société « Le granit » d’Abainville, la grille est réalisée par Monsieur MATHIEU, serrurier à Bar-le-Duc.

 Quelques mois plus tard, le monument se dresse à l’emplacement de la borne inaugurée par le Président POINCARÉ.

 A la demande du Conseil Général, la Société DURENNE réalise différents objets artistiques dont le motif principal est une borne de la « Voie Sacrée ».

 Ils sont vendus, mais le département reste propriétaire de l’original et perçoit 15% des ventes.

 Puis l’on fabrique aussi des confitures, dont la marque déposée est la « Voie Sacrée ».

 Il faut attendre une cinquantaine d’années pour qu’un monument soit inauguré en 1967 à Moulin-Brûlé (8 kms de Verdun), terminus de la « Voie Sacrée ».

 Soixante dix ans après cette inauguration :

 Ce monument devenu gênant et inaccessible incite les responsables à le déplacer quelques centaines de mètres plus loin, au carrefour giratoire de Marbeaumont.

 Soixante dix ans après l’inauguration de la première borne, il est inauguré en présence de nombreuses personnalités. Après son déplacement, la « Voie Sacrée » n’existait plus officiellement dans la traversée de Bar-le-Duc. Il faudra attendre 2009 pour que soient rajoutés, sur les plaques indicatrices des rues de Verdun et de Saint-Mihiel, ces mots symboliques de « Voie Sacrée ».

Juillet 2015 :

 DANS L’OUVRAGE QUİ VİENT DE PARAÎTRE, QUİ EST TİTRÉ :

 « Rues, canaux et ponts de Verdun ».

 Il est écrit à la page 159 concernant :

 L’Avenue de la « Voİe SacrÉe » :

 « Route stratégique reliant Bar-le-Duc à Verdun, Artère principale de la circulation du matériel et des troupes lors de la bataille de Verdun ».

 « Baptisée ‘’ Voie Sacrée ‘’ »

 « Par l’écrivain Maurice BARRÈS ».

 « L’avenue du même nom est inaugurée en 1925 par Raymond POINCARÉ ».

 DANS CES QUELQUES LİGNES, İL Y A DEUX ERREURS QUE NOUS RECTİFİONS :

 La « Voie Sacrée » inaugurée par Raymond POİNCARÉ s’arrête au carrefour du Moulin-Brûlé situé à 8 kilomètres de Verdun, où se dresse aujourd’hui le mémorial de la « Voie Sacrée ».

 Or, à la page 117 de cet ouvrage, nous relevons :

 Moulin-Brûlé :

 « Lieu-dit à l’ouest de Verdun, sur la route de Bar-le-Duc ».

 « Durant la bataille de Verdun, ce hameau se trouve être à la fois le front de la portée extrême des canons Allemands et le point d’arrivée des camions véhiculant soldats et matériels par la ‘’ Voie Sacrée ‘’ ».

 CES QUELQUES LİGNES CONFİRMENT BİEN QUE LA « VOİE SACRÉE » S’ARRÊTE AU CARREFOUR DU MOULİN-BRÛLÉ, DÉNOMMÉ PAR LES SOLDATS « LE TOURNİQUET ».

 Or, pourquoi, en 1925, Raymond POİNCARÉ aurait inauguré l’avenue « Voie Sacrée » à Verdun ?

 CE QUI EST FAUX, AUSSI :

 Maurice BARRES n’a jamais dénommée cette route stratégique « Voie Sacrée » mais « Route Sacrée ».

 (Voir sur le site :

« Dénomination ‘’ Voie Sacrée ‘’).

 

Christian BOULAY

 

Commentaires (1)

1. Olivier Humbert 02/02/2017

Il me semble que la première borne de la voie sacrée est au premier étage de la préfecture. En tout cas je l'y ai vue il y a trente ans.

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